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Paris au XXe siècle : de l'agglomération à la métropole internationale.

Il semble que la défaite et la Commune soient oubliées dans les années 1900 puisque cette époque est appelée "la Belle Époque". Malgré une crise du logement, les années 1900 marquent l'intrusion d'un confort nouveau  permis par l'introduction de l'électricité, des salles de bain, du chauffage central et de l'ascenseur.

Paris est alors, pour un moment, la ville de l'esprit, de la légèreté, de la gaieté. L'optimisme est présent depuis le succès de l'Exposition Internationale de1889 pour laquelle la tour Eiffel a été construite. La fierté nationale trouve aussi son compte dans la constitution du nouvel empire colonial qui offre, on le croit, toutes les perspectives.

Paris est alors la capitale mondiale de la création, des arts plastiques à la mode en passant par le théâtre et le cinéma.

Des artistes du monde entier, souvent naturalisés ensuite, viennent s'y installer: des écrivains (Ionesco, Cioran,  Kessel, Troyat, J. Green ) mais aussi des peintres ou des sculpteurs ( Modigliani, Picasso, Dali, Miro, Chagall,  Soustine, de Staël, Mondrian, Giacometti, Foujita, Brancusi...) Ils se retrouvent à côté des artistes Français  (Bonnard, Braque, Léger, Matisse, Utrillo...)

Ce climat ne survit pas à la Première Guerre Mondiale.  Il n'y a plus ensuite au 20ème siècle une seule capitale mondiale pour la création. Par exemple pour le Cinéma, Hollywood supplante Paris pendant la guerre.

 

La Première Guerre Mondiale (1914-1918)

 

Le 2 août 1914, la mobilisation est décrétée. Elle se fait dans un grand enthousiasme car c'est l'occasion de prendre  sa revanche sur la Guerre de 1870. Mais dès le 26 août, la menace allemande est grande sur la Marne. Des mitrailleuses sont mises sur la tour Eiffel pour s'opposer aux bombardements aériens. Le 2 septembre, le gouvernement quitte Paris pour Bordeaux.

Puis, la contre-offensive de Joffre du 6 septembre libère Paris de la menace pour un long moment. En 1918, la menace allemande revient mais sans déclencher la panique. Entre-temps, le front s'est stabilisé et Paris devient l'arrière du front où des troupes viennent se reposer.

Durant les quatre ans, Paris reçoit 746 bombes, souvent de faible puissance mais qui font près de 900 morts ou blessés. Il faut y ajouter un millier de morts ou blessés à cause du canon dit "La Grosse Bertha" qui a envoyé 303 obus sur Paris.

Paris devient le lieu où converge le ravitaillement des 4,5 millions d'hommes qui se battent. Les femmes prennent la place des hommes dans les usines d'armement.

Le jour de l'Armistice est l'occasion d'une fête intense, malgré le souvenir des victimes du conflit.

La tombe du soldat inconnu, une victime française qu'on a pas pu reconnaître, est ensuite installée sous l'Arc de Triomphe. La cérémonie qui s'y tient tous les ans, le 11 novembre, est l'occasion pour les Parisiens de se souvenir d'une guerre dont il ne reste plus de vétérans depuis l'année 2000.

 

L'Entre - Deux - Guerres (1918-1939).

 

La paix revenue, on a essayé de corriger un certain nombre de problèmes urbains.

Les  fortifications sont largement anachroniques, elles ont prouvé leur inefficacité devant les canons. A partir de  1919, elles sont supprimées. A la place est construite la première grande rocade de Paris, c'est le boulevard "des  Maréchaux" car on a donné des noms de Maréchaux d'Empire tout le long de son parcours autour de la ville.  Il n'est toujours pas achevé en 1939. Paris devient une ville ouverte vers sa banlieue.

Entre 1927 et 1934, un premier effort important de construction d'habitations pour des loyers modérés est fait dans la ville et surtout dans sa périphérie immédiate.  Par deux fois pendant ces années, l'architecte Le Corbusier, grand admirateur de l'œuvre d'Haussmann, a essayé de modifier l'urbanisme de Paris. D'abord par le Plan Voisin et ensuite en 1937. Le Plan Voisin prévoyait de raser  le centre de Paris  pour y établir un grand axe autoroutier Nord-Sud / Est -Ouest. Des tours de 60 étages auraient  logé les parisiens. Les quartiers du Marais et du Temple auraient été rasés, sauf quelques églises ! Ces projets,  s'ils semblent délirants étaient présentés sérieusement à l'époque. Ils montrent une nouvelle conception de la ville,  et une obsession presque pathologique de faire du moderne.

 

La Seconde Guerre Mondiale (1939-1945).

 

Pendant les 9 premiers mois du conflit, la France et l'Allemagne s'observent. Ce qui donne le temps de protéger les monuments de Paris et leurs collections. Le 10 mai 1940, les Allemands commencent leur campagne de France. Ils entrent dans Paris le 14 juin. Le 17 juin, le Maréchal Pétain demande l'armistice.

Entre 1940 et 1944, Paris est occupé par les Allemands. L'opinion des Parisiens se fait de plus en plus critique envers le gouvernement de Vichy dirigé par le maréchal Pétain. Les rafles de juifs au Vel' d'hiv' en juillet 1942  et les exécutions d'otages les choquent.

La Résistance naît rapidement mais elle est difficile car Paris est très surveillé. C'est pourtant à Paris que les différentes factions qui la composent s'unissent le 27 mai 1943. L'occupant se signale par des actions ponctuelles : les statues de bronze sont presque toutes fondues pour en  récupérer le métal. Des pancartes en allemand sont mises partout car il est difficile pour l'occupant de trouver  son chemin en le demandant aux Français.

L'Occupation est pour Paris une période de stagnation, il n'y a aucune création dans la ville.

En août 1944, la ville se libère elle-même. Les combats durent du 19 août au 30 août 1944. Ils sont longtemps indécis car Paris n'est pas un objectif prioritaire pour les Américains, qui préfèrent une route directe vers Berlin. La  perspective d'un long combat de rue ne les incite pas à intervenir pour soutenir les forces de la Résistance parisienne. L'argument qui finit par faire changer Eisenhower d'avis est que les Français ne pardonneront jamais aux Américains d'avoir laissé détruire Paris. Les forces américaines et alliées qui libèrent la France acceptent aussi l'effort supplémentaire de nourrir la population parisienne.

La division blindée dirigée par le général Leclerc ( la 2eme DB) est autorisée par les Alliés à rejoindre Paris, ce qui décide de l'issue de la bataille. Le général De Gaulle, chef des forces françaises réfugiées à Londres, prononce à l'Hôtel de Ville le 25 août un discours () resté célèbre, puis il descend les Champs-Elysées avec les chefs de la Résistance le lendemain dans une liesse indescriptible.

Hitler a ordonné de détruire la ville. Le commandant allemand Dietrich Von Choltitz, chargé de la défense de Paris, a refusé. C'est une grande chance pour Paris de ne pas avoir subi de destructions comme Londres, Berlin,  Tokyo...

 

L' après-guerre jusqu'à nos jours (1945 à aujourd'hui)

 

A l'issue de la guerre, la ville est en plein marasme. La population de la ville a chuté, elle se retrouve au niveau  de 1936 et la reconstruction du pays ne permet pas de modification pour Paris avant 1949.

Une crise du logement est latente jusqu'en 1954  parce que le patrimoine immobilier a vieilli pendant la guerre et que la population s'accroît de 600000 personnes entre 1946 et 1954.

En 1954, une grande relance de la construction d' Habitations à Loyer Modéré, désormais appelées les HLM, est opérée en banlieue proche. En ampleur, elle est comparable à ce qu'à réalisé Haussmann. Elle complète aussi  son oeuvre puisqu'il n'avait rien fait pour le logement populaire et pour la banlieue.

Cependant , c'est dans les années 1960 que Paris prend le visage d'une métropole internationale. Le 6 août 1960  est adopté le Plan d'Aménagement et D' Organisation Général de la région parisienne (le PADOG) suivis du Schéma Directeur de 1965. Ces textes limitent la zone administrative de Paris "la Région Parisienne", ils prévoient les axes de communication à  construire, l'établissement  des centres administratifs et d'affaires et ils désignent les zones où les grands équipements doivent être construits en priorité. Huit villes de la Région Parisienne sont créées ou développées pour servir à structurer la Région.

Le Schéma Directeur établit les voies de la circulation rapide à Paris. Le Boulevard Périphérique est entrepris. Il double le Boulevard des Maréchaux autour de Paris mais avec des voies autoroutières souvent enterrées.

Les voies sur berges de la rive droite sont aussi données aux automobiles.

Pendant les années 1960, Paris se dote d'équipements dignes d'une grande ville moderne (liaison autoroutière,  Aéroports internationaux d'Orly puis plus tard de Roissy, infrastructures hôtelières) pour répondre aussi à la  demande d'un tourisme de masse qui naît en même temps.

La Défense

Le projet de doter Paris d'un grand centre d'affaires et financier à La Défense débute en 1958.

Depuis les années 1920, les bureaux se développent dans Paris où la place manque cruellement. Nous avons vu qu'Haussmann n'avait pas prévu de zone particulière pour les activités économiques.

Un premier building en verre, la tour Montparnasse, est bien inauguré à Paris en 1973. C'est encore aujourd'hui le seul grand building construit à l'intérieur de Paris. Un complexe de bureaux et une gare sont bâtis autour, mais la nécessité de doter Paris d'un grand quartier d'affaire demeure.

Le plan du projet est adopté en 1968. Le plus grand centre européen de bureau est ainsi construit : une dalle de  40 hectares est créée dans l'axe le plus prestigieux de la capitale, celui des Champs-Elysées.

Au-dessus de cette dalle en béton, sont construites des tours pour des bureaux et des immeubles, en-dessous on  met tous les équipements (voies ferrées, route, autoroute, parking, canalisation) dont l'échangeur souterrain le plus  grand du monde. Même si des aménagements se sont installés très tôt , le CNIT, le centre d'exposition est ouvert  en 1958, l'Université de Nanterre s'ouvre derrière La Défense en 1967, les chocs pétroliers de 1973 et 1978 ont  ralenti les aménagements. Après 1977, l'aménagement de la surface de la dalle a repris : centres commerciaux,  nouvelles tours, sculptures, espaces verts... La Grande Arche, un cube de 110 mètres évidé au centre, dessinée par  l'architecte danois Johan Otto von Spreckelsen est inaugurée en 1989. Elle relie joliment le site avec l'axe des Champs-Elysées.

D'autres projets bâtis avec le même principe d'étagement des fonctions ont vu le jour au cours des années 1970-1980 : le Front de Seine et  le Forum des Halles.

La Querelle de Beaubourg.

Le centre de Paris a été l'objet, comme on l'a vu, de projet architecturaux qui entraînaient sa destruction. Échaudé  par ce genre de perspective, l'écrivain et ministre André Malraux a fait classer le quartier du Marais pour empêcher toute destruction. La protection de nombreux sites dans Paris peut faire frémir certains adeptes de la  modernité : si on classe tout, on risque de se retrouver à vivre dans un musée ou plus rien ne bouge.  Le réalisateur Féderico Fellini a exprimé cette idée en disant qu'il préférait Rome à Paris pour cette raison.

C'est peut-être ce qui a décidé en 1969 le Président Georges Pompidou, un amateur d'Art Moderne, à faire construire en plein centre de Paris un centre d'Art et de Culture d'allure ultra-moderne. Beaubourg ou le Centre Georges Pompidou a été inauguré en 1977. C'est un bloc de métal et de verre de 160 x 60 mètres et de 42 mètres de haut. Il a fait scandale à l'époque mais aujourd'hui, c'est l'un des bâtiments de Paris les plus visités.

Si le problème soulevé à l'époque par Fellini  était intéressant ( quoique au fond non dénué de préférence nationale, soyons franc !), de nos jours il ne se pose plus vraiment, même si les sites classés se sont multipliés.  En effet, celui qui désire voir de la nouveauté peut se rendre à La Défense ou regarder les dernières constructions du Président Mitterrand. Et puis un monument réussi, même s'il est ancien, a une beauté intemporelle.

François Mitterrand a souhaité marquer le paysage de Paris. Sous ses deux septennats au pouvoir, il a fait réaliser de nombreux travaux. Les plus réussis sont ceux qui ont été dessinés à partir d'une forme simple et d' un joli matériau :  La Pyramide en verre du Louvre, La Géode au Musée des Sciences et de l'Industrie à la Villette ( une sphère-miroir ), le cube évidé de l'Arche de la Défense, l'institut du Monde Arabe.

D'autres sont plus contestables pour leur esthétique mais pas pour leur fonction: l'Opéra de la Bastille, la Bibliothèque Nationale de France.

Actuellement, il n'y a plus de grands travaux dans Paris mais le site de Renault-Billancourt est celui qui est l'objet des perspectives les plus importantes. Sur ce site qui fait 52 hectares, dont l'île Séguin, sont prévus un musée Renault, des constructions pour des étudiants de Faculté et une Fondation d'Art Contemporain.

 

Paris, aujourd'hui, en quelques chiffres.

 

Paris et sa région, qui s'appelle l'Île-de-France depuis 1976, représente 11 millions d'habitants en 2002, soit 19%  de la population française sur 2,2% du territoire.

La ville de Paris compte 2,125 millions d'habitants en 2001. Elle est dirigée par un maire depuis 1977, un maire  socialiste depuis 2001.

Paris est un pôle très important pour l'économie française : la ville accueille 40 % des cadres supérieurs français,  et elle a le taux de chômage le plus faible. 80,7 % de ses activités sont dans le Tertiaire, 19 % dans le secteur Secondaire.

En l'an 2000, l'Île-de-France a reçu 36,4 millions de touristes dont un tiers de Français. (Sources ORTIF).

Avec 24,6 millions de touristes étrangers, soit le tiers des 75 millions de touristes étrangers qui sont venus en l'an 2000, la région de Paris se place au premier rang mondial. Plus de 14 millions de touristes étrangers sont allés  dans un Hôtel homologué en 2000.

Les principales clientèles étrangères dans l'hôtellerie sont les Britanniques (19 %),les Américains (18 %), les Japonais (8 %), les Allemands (8 %), les Italiens et les Grecs (8 %), les autres nationalités (39 %).

Pour les accueillir, l'Île-de-France possède une capacité d'hébergement de 317.000 lits, sans compter les campings, dont près de 279.000 dans les hôtels.

 

Les six lieux culturels les plus visités en France sont en Île-de-France (en millions de visiteurs):

                                                       

2000

1999

 

tour Eiffel    

     6,32       

6,37

musée du Louvre            

       6,10         

5,27

château de Versailles              

      2,58        

2,43

musée du Centre Pompidou  

      1,60        

 Fermé

musée d'Orsay

    1,58      

1,63

Cité des Sciences

   1,53      

 1,59

Notre-Dame

qui n'est pas comptabilisée

estimée à 12 millions de visiteur

 

 

Les 22 principaux parcs à thème de l'Île-de-France ont accueilli plus de 23 millions de visiteurs.

Les cinq premiers parcs franciliens (en nombre de visiteurs) :

 

2000

1999

Disneyland Paris 

12 000 000 

12 500 000

Aquaboulevard     

    4 950 297    

  4 440 000

Jardin d'acclimatation

1 200 000

  1 200 000

Parc zoologique de Paris

  794 502

    817 540

Parc floral de Paris

  811 648

    857 520

 

Texte de PJ - Directeur de la Section Histoire de www.parisrama.com 

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