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PARIS - HIPPODROMES - PARIS

Caractéristiques et Histoire des hippodromes parisiens

 

Les Caractéristiques :

Les trois hippodromes parisiens organisent, chacun dans leur spécialité, des courses qui ponctuent le calendrier international.

Il y a plusieurs raisons à ce succès.

Tout d'abord, la tradition des courses hippiques dans ces trois hippodromes est bien ancrée puisqu'elle dure depuis plus d'un siècle. Le cheptel français, qui est le fruit des efforts des éleveurs depuis des générations, jouit aussi d'une renommée internationale.

Ensuite, les Français parient, en moyenne, autant que les Anglais. Seul les Australiens et les habitants de Hong-Kong parient plus individuellement, mais ils sont moins nombreux. L'Hippodrome de Sha Tin à Hong-Kong détient bien le record mondial des paris déposés mais le nombre de joueurs qui jouent à Paris permet à plusieurs épreuves phares parisiennes de figurer parmi les plus dotées au monde.

On trouve aussi à Paris un panel d'épreuves intéressant puisque toutes les allures sont représentées : le galop, les courses d'obstacles, le trot attelé et même le trot monté qui n'est pratiqué qu'en France et en Belgique. Il n'en est pas de même dans tous les autres grands centres hippiques mondiaux. Par exemple, le trot n'existe pas en Grande-Bretagne.

Certaines circonstances au cours du 20ème siècle ont aussi entraîné un retard chez certains pays concurrents de la France en matière hippique.

Aux États-Unis et au Canada, les paris ont été interdits dans les années 1910, puis sous la Prohibition. Ce qui a entraîné la fermeture de centaines de champ de courses et la cessation d'activité de nombreux propriétaires. Seuls les plus riches ont pu redéployer leurs activités en Europe en attendant des jours meilleurs.  

En Allemagne, l'Entre-deux-guerres a marqué l'âge d'or des courses. En revanche, après 1945, les élevages ont été dispersés dans toute l'Allemagne ou bien confisqués par les Russes. Les haras de Graditz ainsi que le célèbre hippodrome de Hoppesgarten se sont retrouvés en Allemagne de l'Est.

Par conséquent, les deux grands centres hippiques mondiaux ont longtemps été Paris et le Suffolk en Angleterre.

La Grande-Bretagne est le grand concurrent hippique de la France car elle ne manque pas d'atout.

En effet, les grandes courses les plus anciennes sont disputées là-bas. Par exemple, le Grand Prix de l'Arc de Triomphe a été lancé en 1920, le Derby d'Epsom, lui, a été créé en...1770 ! Ces deux épreuves sont les deux plus prestigieuses du calendrier bien que le Derby attire plus de monde.

Le Derby et le Grand National sont des épreuves à part en Angleterre. Autrefois le Parlement ne siégeait pas le jour du Derby. Cette notoriété est telle que ces courses sont parfois victimes de leur succès : pendant le Derby de 1913, la suffragette Emily Davison se tue sous le sabot d'ANMER, le cheval de George V, pour protester contre la condition des femmes. Le Grand National, lui, est une course périlleuse qui est régulièrement la cible des défenseurs des animaux.

Les hippodromes anglais ont cependant quelques petits défauts. Ils sont souvent vétustes et éloignés des centre-villes. Aussi, avant 1984, il n'y avait pas de courses de plat l'hiver car aucun hippodrome était équipé pour cela.

Les années 1970 marquent la fin de cette domination franco-anglaise quasi-exclusive.

La victoire allemande de Star Appeal au Prix de l'Arc de Triomphe de 1975, suivie d'une victoire américaine au Prix du roi George VI à Ascot la même année, une course qui est considérée comme la course du siècle, célèbrent le retour de ces deux nations parmi l'élite.

La concurrence continue de s'élargir pendant les années 1980 puisque des princes arabes font une entrée remarquée dans l'élite. Le Cheikh Mohammed al Maktoum, émir de Dubaï, crée chez lui la course la plus dotée du monde, la Dubaï World Cup (4 millions de dollars en 1996), ainsi que le centre d'entraînement Al Quoz qui est le plus moderne du monde. Bien que la loi islamique n'autorise pas les paris, cette course passionne les foules.

Enfin, depuis 1984, la Breeder's Cup est disputée à Churchill Downs aux États-Unis, cette course est une des plus relevées et une des plus dotées du monde.

Pour rester en pointe, les grands hippodromes français ont adoptés, au cours de leur apparition, les innovations qui constituent la marque des grands hippodromes. La photo-finish sur la ligne d'arrivée, les stalles de départ ou les autostarts, la caméra mobile et les contrôles, qui se sont multipliés, ont rendu les classements plus sûrs et la course plus spectaculaire.

Le monde des courses français est lui aussi caractérisé par certaines particularité. La plus flagrante est la l'archi-domination du trot. Les deux tiers des jockeys, des entraîneurs et des éleveurs français s'occupent de trotteurs.

A Paris, cette prédominance n'est pas si flagrante parce que deux des trois hippodromes ne sont pas consacré au trot, même si Auteuil organise trois fois moins de réunions que Vincennes.

 

Spécificités de chacun des hippodromes parisiens :

1/ Hippodrome de Longchamp

L'Hippodrome de Longchamp est le plus ancien de Paris.

Son histoire commence sous le Second Empire, quand l'empereur Napoléon III a donné le bois de Boulogne à la ville de Paris pour l'agrément des parisiens. En 1854, celle-ci concède à la Société d'Encouragement un terrain pour bâtir un hippodrome. Il est construit à la place d'une ancienne abbaye détruite sous la Révolution dont il ne reste aujourd'hui que le moulin, le célèbre moulin de Longchamp que l'on aperçoit dans un virage de la piste.

Inauguré en 1857, cet hippodrome est consacré aux épreuves de plat.

Son parcours est composé de deux pistes : la plus courte fait 2000 mètres avec un profil plat et l'autre fait 3000 mètres dont une partie sur un plateau en pente douce. Les tribunes ont été plusieurs fois rénovées. La dernière rénovation date de 1964 : les anciennes tribunes ont été malheureusement rasées pour laisser place à des tribunes plus grandes. Le "paddock" est plus intéressant, c'est une aire paisible plantée d'arbres où on peut admirer tranquillement les chevaux et leur jockey avant la course.

Le Grand Prix de l'Arc de Triomphe est le sommet prestigieux de la saison à Longchamp. Fondé en 1920 pour célébrer la victoire du pays à l'issue de la Première Guerre mondiale, il a lieu le premier week-end d'octobre sur 2400 mètres et il est réservé aux chevaux de plus de 3 ans.

Certaines histoires  restent attachées à la légende de Longchamp comme dans tous les grands champ de courses.

L'émeute du 14 octobre 1906 est restée dans les mémoires : après un départ effectué dans des conditions contestables la foule des parieurs furieux  a cassé toutes les installations, pourtant toutes neuves, qu'elle pouvait atteindre. La dernière histoire en date est celle de LAMMTARRA, le cheval vainqueur de l'Arc de Triomphe de 1995 et du Derby. Ce cheval dû stopper sa carrière ensuite pour des ennuis de santé, après n'avoir couru en tout que 4 courses !...

A l'Hippodrome d'Auteuil, non loin de Longchamp, se déroulent les courses d'obstacles.

Le premier hippodrome de la Société des Steeple-chases fut Vincennes mais elle l'abandonna pour aller à Auteuil car Vincennes était, à l'époque, difficile d'accès et trop éloigné des centres d'entraînement.

2/ Hippodrome d'Auteuil

L'Hippodrome d'Auteuil a été construit par le Prince de Sagan et inauguré en 1873. La piste a été tracée sur les déblais des deux lacs creusés dans le bois de Boulogne. Le parcours est à la fois un des plus difficiles et un des plus beaux du monde. Les tribunes anciennes ont été doublées en 1965 par des bâtiments modernes.

Une cinquantaine de réunions sont organisées chaque année dont les plus grandes courses d'obstacles françaises : sur 5000 mètres pour les courses de haies et sur 6500 mètres pour les steeple-chases.

Le Grand Steeple-Chase de Paris est l'épreuve la plus importante de France. Créé en 1874, il se dispute chaque année le troisième dimanche de juin sur 5800 mètres. C'est une des courses les plus difficiles du monde. Il n'est cependant pas aussi dangereux que le Grand National de Liverpool.

Le Grand National qui se déroule dans l'enceinte royale d'Ascot depuis 150 ans est une institution en Angleterre. Il se dispute en Avril sur 7240 mètres. L'obstacle le plus difficile d'Aintree est la rivière de Becher's. Ce parcours était tellement difficile qu'en 1928 il n'y  eu que deux chevaux à rallier l'arrivée ! Depuis quelques années, il est moins dangereux parce que les haies ont été modifiées et l'eau de la rivière de Becher's retirée. Cette course reste très difficile (le fameux obstacle Beecher' s Brook fait 4 mètres de large, 2,40 mètres de haut, avec un virage à 90° juste après) mais le nombre des chutes a baissé et le nombre des participants a augmenté. A Auteuil, le Grand Steeple-Chase compte aussi ses difficultés : le gros Open Ditch et la rivière des tribunes sont connus de tous les turfistes, cette rivière fait 6,70 mètres ce qui oblige le cheval à faire un saut de 8 mètres.

Une épreuve aussi exigeante compte elle aussi ses grands exploits : en 1962, MANDARIN de l'écurie Hennessy gagna le Grand Steeple-Chase de façon originale. Au début de la course, le mors du cheval céda, ce qui obligea le cheval à faire la totalité de la course sans frein. Il mena alors sa course seul, sans guide malgré les obstacles tout le long du parcours et avec le jockey accroché à son encolure ! Cet exploit lui valu une ovation de tous les parieurs.

3/ Hippodrome de Paris-Vincennes

Enfin, l'Hippodrome de Paris-Vincennes est le temple mondial du trot.

Il a été inauguré le dernier en 1879, nous avons vu que la Société du Steeple l'avait abandonné auparavant, mais l'ouverture à côté d'un grand centre d'entraînement à côté, celui de Grobois (450 hectares et 30 kilomètres de pistes ), puis la possibilité de disputer des courses en nocturne depuis 1952, les fameux "Nocturnes de Vincennes", en ont fait un grand hippodrome international.

Les 4000 propriétaires présents à Vincennes sont quasiment tous français car à la différence des courses d'obstacles et de plat, les courses de trot sont réservées aux chevaux nés et élevés en France, sauf pour le Prix d'Amérique. Le trot attire aussi un public plus populaire. Pour ces raisons, il règne un ambiance différente à Vincennes.

Les tribunes ont été refaites en 1984 dans un style moderne : elles font 206 mètres de long par 65 mètres de large.

Elles contiennent trois restaurants panoramiques et une restauration rapide.

La piste est recouverte de mâchefer pour favoriser la performance. Elle est aussi très difficile, la plus longue des pistes contient une montée puis une descente qui déconcerte les trotteurs étrangers habitués au plat. Des prix importants sont  disputés dessus chaque année comme le Prix de France en trot attelé ou le Prix du Président de la République pour le trot monté.

Toutefois, le Prix d'Amérique est  le plus célèbre : créé en 1920 pour remercier l'Amérique d'être intervenue à nos côtés pendant la Première Guerre mondiale, ce prix est considéré comme le championnat du monde des trotteurs. Il attire chaque année de 30 à 40 000 spectateurs. Cette année, la deuxième victoire d'affilée du cheval italien VARENNE devant GÉNÉRAL DU POMMEAU, le vainqueur de l'édition 2000, a attiré environ 4500 supporters des différents chevaux favoris, en plus des parieurs.

Le Prix d'Amérique est disputé sur 2600 mètres à la fin du mois de janvier et il est réservé au chevaux de 4 à 10 ans. Depuis quelques années, certaines nouveautés inédites ponctuent le duel qui oppose les écuries françaises aux écuries scandinaves et italiennes, preuve de l'âpreté de la rivalité. Depuis 5 ans, certains chevaux courent le Prix d'Amérique sans porter de fer pour alléger leurs foulées. GÉNÉRAL DU POMMEAU a gagné l'édition 2000 de cette manière. Cette année GALOPIN DU RAVARY a couru avec des fers en plastic mou  mais sans clous car le fer était collé au pied de l'animal ! Il paraît que les fers mous absorbent ainsi 70 % des chocs.

Certains chevaux sont entrés dans la légende du Prix d'Amérique en remportant plusieurs fois la course : 

C'est le cas de BELLINO II, surnommé "le rouleau compresseur" qui a remporté trois fois de suite l'épreuve (1975-1976-1977).

Son successeur, IDÉAL DU GAZEAU, a aussi gagné trois éditions mais il fut surnommé "le petit bonhomme" à cause de sa taille. La France se pris de passion pour ce petit cheval acheté une bouchée de pain (10000 francs) par des petits propriétaires. 

Le dernier crack de la liste est OURASI. Il a réussi l'exploit unique de remporter quatre Prix d'Amérique. Il était pourtant surnommé "le roi fainéant" parce qu'il ne faisait à chaque fois que le strict minimum !   

 

Text:  PJ pour  www.parisrama.com 

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